Publication du rapport de la commission chargée d'enquêter après l'assassinat de Samuel Paty Les conclusions sont terribles : l’«école de la République est en danger».

07 mars 2024 à 16h58

Un constat accablant, qui empire d'année en année. Un rapport sénatorial d'une commission d'enquête lancée après l'assassinat de Samuel Paty pointe une «école de la République en danger», avec une hausse généralisée de la «remise en cause de ses valeurs».

Les deux sénateurs co-rapporteurs, François-Noël Buffet (LR) et Laurent Lafon (Union centriste) tirent la sonnette d'alarme, deux ans et demi après l'assassinat de Samuel Paty.
«La façon dont sont présentés les chiffres constitue une minimisation de la réalité», a cinglé Laurent Lafon. «Les chiffres de l'Éducation nationale nous disent que 0,2% des enseignants des collèges et lycées déclarent avoir été menacés par une arme sur une année scolaire. Ça peut paraître très faible mais c'est près de 900 enseignants. Soit 4 par jour» 

Pour François-Noël Buffet, la «communauté éducative est prise sous la violence». 
Il cite de multiples «formes de pressions et d'agressions», de l'«insulte misogyne» à l'agression physique. En sciences naturelles comme en Histoire, de nombreux professeurs font le choix de l'autocensure, face à des parents et des élèves qui contestent leur enseignement. 
«Ils font le choix de ne pas aborder certaines œuvres, certains sujets», abonde le sénateur. 

Autre point soulevé par les sénateurs, et pas des moindres: l'islam radical, qui «est en train de se banaliser». La montée des revendications identitaires et communautaires, et la manifestation de l'islam radical et de certaines nouvelles formes de spiritualité ne doit pas être ignorée», a-t-il ajouté.
Il constate qu'elles sont favorisées par «l'effet amplificateur des réseaux sociaux, (dont les) rumeurs sont instrumentalisées par des groupes de pression.»

Yann Bousquet

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