Turquie : Le président Erdogan sur la sellette ?

07 juin 2018

Certains experts commencent à se demander sérieusement si Recep Tayyip Erdogan pouvait perdre les élections. Le leader turc fait face à une concurrence inédite pour le scrutin anticipé du 24 juin. Pour rappel, « le Rais » a brutalement décidé à la mi-avril de remettre son mandat en jeu en organisant des élections présidentielles et législatives. Ces dernières interviendraient 16 mois plus tôt que prévues et auraient pour but d’asseoir un peu plus sa main mise sur la Turquie.

Quels sont les scénarios possibles ?

Erdogan est un chef d’Etat charismatique, toujours habitué à affronter des candidats disciplinés. Il a largement bâti son empire politique sur la prospérité économique de la Turquie. Désormais, le contexte est plus difficile. Le chômage est en constante hausse.

Malgré ces indicateurs inquiétants, pour cette nouvelle élection, les chances de victoire d'Erdogan sont toujours très élevées. S'il obtient la majorité absolue au premier tour, il est quasiment sûr d’être réélu. Mais, ses adversaires tenteront tout de même de s’unir au second tour pour faire élire un membre de l’opposition. C’est donc une des raisons de l’avancement de l’élection présidentielle. Un risque d’échec pour Erdogan reste possible, une première depuis 15 ans.

Si « le Rais » est réélu, ses adversaires ont déjà annoncé qu’ils s’uniront pour le bloquer lors des élections législatives et ainsi mettre fin à l’austérité de l’AKP au Parlement. Inversement, s’il voit son empire s’effondrer, Erdogan retrouvera son statut de citoyen turc lambda, il passerait devant la justice dans plusieurs affaires de corruption.

Qui sont ses adversaires politiques ?

On peut en dénombrer deux. Muharrem Ince et Meral Aksener. Le premier est un très bon orateur. C’est un rival inquiétant pour Monsieur Erdogan. Il a une fibre nationaliste imposante comme l’actuel président turc. Meral Aksener est l’autre candidate de l’opposition. C’est une femme dynamique et cheffe de file d’un nouveau parti, le IYI. Elle a également été ministre de l'Intérieur.

Après un début de campagne compliqué, Erdogan a mis les bouchées doubles en multipliant les meetings à travers la Turquie ces derniers jours. À chaque fois, il n’hésite pas à prendre à partie ses rivaux pour vanter son bilan.

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