Rafael Grossi : "Arrêter la prolifération nucléaire prime sur le maintien de l'accord passé avec l'Iran"


16 juillet 2020

Le refus de l’Iran d’accorder à l’agence onusienne l’accès à ses sites nucléaires suspects inquiète. En effet, un rapport aux pays membres de l’AIEA dresse le constat : « Le refus de l’Iran depuis plusieurs mois de laisser les inspecteurs accéder à deux sites constituait une préoccupation majeure ».

Hier, dans le Wall Street Journal, Rafael Grossi, son directeur a déclaré: "J'insiste sur la nécessité absolue de résoudre ce problème très rapidement. Je demande à l'Iran de laisser nos inspecteurs se rendre sur les sites concernés." Des sites qui pourraient avoir été utilisés pour le stockage ou le traitement de composants nucléaires ou pour convertir du minerai d’uranium.

Pour le chef de l'organisme international, la priorité reste celle de mettre un terme à la prolifération et au développement nucléaire de l’Iran. Il a de ce fait affirmé au quotidien américain que cette lutte primait sur le maintien de l'accord passé avec la République islamique en 2015 (JCPOA).

Auparavant, l'AIEA avait averti, en mai, que l'Iran n’avait pas respecté l’accord nucléaire conclu avec le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, la Russie, la Chine et les États-Unis - Washington s'en étant depuis retiré. Elle avait en effet stocké 5 fois plus d'uranium enrichi que ne le permettait l'accord.

L'Iran a également dépassé le taux d’enrichissement de l'uranium de 3,67% mentionné dans la charte, et produit actuellement un uranium enrichi à un taux de 4,5%.

Dans les semaines à venir, Rafael Grossi pourrait informer les Etats membres de l'AIEA des dernières violations iraniennes du traité sur le nucléaire. Une démarche qui ne manquerait pas de renforcer la campagne américaine et israélienne pour renouveler l'embargo des Nations Unies sur les armes à destination de la République islamique.

Héloïse V.

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