Que va faire Erdogan après son pari raté à Istanbul?


24 juin 2019

Le partie du président turc Recep Erdogan a perdu les élections municipales dans la capitale turque dimanche, après l'avoir dirigée pendant 25 ans.

Revers cinglant pour le président turc et son partie. Hier, Le Parti de la justice et du développement ou l’AKP, a perdu Istanbul, après l'avoir dirigée pendant 25 ans, face au candidat de l'opposition Ekrem Imamoglu lors de l'acte deux du scrutin municipal. 

Lors d'un premier scrutin en mars, annulé à la demande du président turc, Imamoglu avait devancé le candidat du président. Hier, il l'a battu à plate couture avec plus de 800 000 voix d'avance, selon les résultats provisoires. 

Perdre la capitale économique et culturelle du pays, où vivent 15 millions de personnes, est un revers majeur pour Erdogan. "Qui remporte Istanbul, remporte la Turquie", avait coutume de dire le président. 

La défaite hier est d'autant plus humiliante pour Erdogan qu'il a pu mobiliser toutes les ressources de l'État grâce "au contrôle qu'il a sur les institutions, des médias aux tribunaux, en passant par les autorités électorales »

Il est néanmoins trop tôt pour dire que cette défaite marque le début de la fin pour lui, il reste de loin l'homme politique le plus populaire en Turquie.

Mais alors que va t-il se passer maintenant ? Tous les yeux sont rivés sur le partenaire de coalition de l'AKP, le parti ultranationaliste MHP.

S'il décidait de rompre son alliance avec Erdogan, cela priverait le président de sa majorité au Parlement et pourrait le forcer à avancer les prochaines élections générales prévues en 2023, selon des analystes. 

Après sa victoire, Imamoglu a appelé Erdogan à travailler avec lui dans l'intérêt d'Istanbul. Mais l'AKP, s'il le décide, peut largement paralyser l'action du nouveau maire car il contrôle 25 des 39 districts de la ville et a la majorité au conseil municipal.  

Sasha Placek

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article