Manifestations anti régime en Iran

26 juin 2018

En Iran, des cris « mort à la Palestine » entendus lors de manifestations populaires.

Des manifestations anti régime ont eu lieu hier à Téhéran ainsi que dans plusieurs provinces du pays. Les marchands du grand bazar sont en grève principalement à cause d’une monnaie instable. La crise économique fragilise encore un peu plus le gouvernement. Et de plus en plus d’iraniens contestent l’aide accordée au Hamas palestinien alors qu’ils ont du mal à boucler les fins de mois

Daniel Jacomella

 

L’Iran est connu pour être le pire ennemi d’Israël.

Et pourtant, hier, à Téhéran, on pouvait entendre pour la première fois des slogans comme « Mort à la Palestine » ; « Non à Gaza, non au Liban » « Quittez la Syrie, pensez à nous ».

Ces manifestations sont le résultat d’un ras le bol du peuple Iranien face aux dépenses excessives de leur gouvernement dans le soutien de groupes anti Israéliens comme le Hamas, le Jihad islamique, ou encore le Hezbollah.

Par ailleurs, depuis 2011, 6 milliards de dollars ont été dépensés pour soutenir le régime de Bachar Al Assad.

Aujourd’hui en Iran, un tiers des moins de 30 ans est sans emploi, et le rial Iranien a baissé de 50% en 6 mois.

Le gouvernement est appelé à replacer les intérêts du peuple au centre de ses priorités et de cesser d’asphyxier le pays en se lançant dans des combats à l’étranger qui intéressent de moins en moins les Iraniens.

En parallèle de ces manifestations anti régime, les marchands du grand bazar se sont mis en grève pour dénoncer le manque de mesures pour endiguer la crise économique.

Dans les allées couvertes non loin de la place aux Herbes, c’est à des rideaux métalliques que font face les passants.

Les marchands « protestent contre le taux de change élevé, la fluctuation des devises étrangères […] le blocage des marchandises à la douane et le manque de critères clairs pour le dédouanement » déclare le chef du conseil central d’administration du Bazar de Téhéran.

 

Les manifestations qui ont eu lieu fin décembre dernier et début janvier ont fait au moins 25 morts et provoqué près de 5 000 arrestations.

Eshaq Jahangiri, le premier vice-président de l’Iran aurait déclaré que le pays faisait face à un terroriste économique, et dans le quotidien pro réforme Etemad, que « les choses allaient s’aggraver. »

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