La Turquie répond aux menaces de nouvelles sanctions américaines

19 août 2018

Dans le cadre de l'affaire du pasteur américain détenu en Turquie, les Etats-Unis ont annoncé jeudi mettre en place de nouvelles sanctions contre Ankara si les autorités ne libéraient pas, Andrew Brunson. La ministre turc du commerce a répondu vendredi matin à ces nouvelles menaces, dans un contexte où l'économie du pays est déjà fortement impactée.

La Turquie répond aux menaces des Etats-Unis quant à l'application de nouvelles sanctions économiques.

« Nous avons répliqué (aux sanctions américaines) en accord avec les règles de l'OMC et nous continuerons de le faire », a déclaré la minsitre turc du commerce, Ruhsar Pekcan.


Vendredi matin, la livre turque perdait ses gains de la veille, retombant à près de 5% sur les marchés, soit 6,13 livre turque pour 1 dollar.

Le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, avait averti la veille que de nouvelles sanctions seraient appliquées si la Turquie ne libérait pas le pasteur Andrew Brunson.

« Nous prévoyons de faire d'avantage s'ils ne le libère pas rapidemment », a-t-il affirmé.

« La turquie a profité des Etats-Unis pendant beaucoup d'années, Ils retiennent notre merveilleux pasteur chrétien, à qui je dois maintenant demander de représenter notre pays en tant qu'otage patriote. Nous ne paierons rien pour la libération d'un homme innocent », a déclaré Donald Trump sur Twitter.

Face au refus des autorités turques de relacher Andrew Brunson, les Etats-Unis ont mis en place depuis le 1 aout, des sanctions contre les ministres turcs de la justice et de l'intérieur. Mais ont également fortement augmenté les droits de douane sur l'acier et l'aluminium turque importé aux Etats-Unis.

L'affaire du pasteur américain a considérablement dégradé les relations entre les deux pays. Andrew Brunson est détenu par la Turquie depuis 2016, et risque 35 ans de prison.

Il est accusé par Ankara d'espionnage et d'activités terroristes pour avoir joué un rôle dans le putsch qui visait le président turc Recep Tayyip Erdogan. Les autorités turques le soupçonnent d'avoir oeuvré pour le prédicateur Fethullah Gülen, l'homme derrière la tentative selon Ankara, ainsi que pour le parti des travailleurs du Kurdistan, organisation déclarée comme terroriste en Turquie.

Daniel Jacomella

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