La chine détiendrait un million de Ouïgours dans des "camps d'internement"

02 septembre 2018

Les Nations Unies s'inquiètent du sort de musulmans chinois détenus en secret par le régime de Xi Jiping. Pékin placerait en détention dans des camps géant, pour de longues durées, sans procès ni jugement, des musulmans issus de la minorité des Ouïgours.



Depuis plusieurs mois, la Chine est accusée d’avoir arrêté et interné plusieurs centaines de milliers de Ouïgours. Il s'agit d'une minorité musulmane située dans la région du Xinjiang, à l’extrême nord-ouest du pays. Elle compte environ 22 millions d’habitants, dont près de la moitié d’Ouïgours d’origine turque.

Parmi eux, beaucoup se plaignent de discriminations de la part de la majorité han.



Le comité de l'ONU pour l'élimination de la discrimination raciale, affirme disposer de nombreuses informations crédibles, attestant de la détention d'un million de Ouigours dans des « camps géants placés sous le sceau du secret ». Ils sont détenus pour de longues durées, sans procès ni jugement.



Des témoignages de rescapés et d’ONG font état de torture et d’endoctrinement dans ces camps.

Les prisonniers seraient regroupés par section en fonction de leur exposition supposée aux « idées extrémistes ». Ils sont également soumis à des sessions « internes » ou « externes » de plusieurs jours, semaines ou mois, durant lesquelles ils se font enseigner le mandarin ainsi que l'idéologie communiste.

Libération à recueuilli le témoignage d'un ancien détenu qui parle d'« un centre de transformation par l’éducation ». Il y « décrit sa cellule où s’entassaient une quarantaine de détenus, tous musulmans, les deux caméras de surveillance, le sommeil à tour de rôle, l’unique douche mensuelle, les heures passées alignés en rangs, les punitions corporelles et les tentatives de suicide ».

Devant cette situation, des élus américains réclament des sanctions envers des responsables chinois et l’Allemagne a décidé de mettre fin aux expulsions des Ouïgours vers la Chine.

Face à ces accusations, la Chine a vigoureusement démenti à la mi-août la détention dans des centres de rééducation d’un million de Ouïgours. Lors d’une audition devant un comité des droits de l’homme de l’ONU, Ma Youqing, directeur du département du travail du Front uni, a affirmé que « les citoyens du Xinjiang, y compris les Ouïgours, jouissent des mêmes libertés et des mêmes droits ».

« Il n’y a aucune politique visant une minorité ethnique en particulier, ni limitant les droits et la liberté de religion du peuple ouïgour », a-t-il encore ajouté.

Daniel Jacomella

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