L'inquiétude grandit en Iran à l'approche des sanctions américaines

05 août 2018

On ne sait pas encore quelle forme vont prendre les sanctions américaines prévues pour demain, qui font suite au retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien. Dans un contexte de corruption, alors que la monnaie nationale est en chute libre depuis le début de l’année, l’inquiétude grandit dans la rue iranienne.


Quand ils ne sont pas assez riches pour quitter le pays, les Iraniens descendent dans la rue, de plus en plus nombreux, et demandent à leur gouvernement de cesser sa politique étrangère agressive et le financement du Hamas et du Hezbollah. Les Iraniens qui osent manifester appellent le gouvernement à se concentrer davantage sur le redressement du pays et les besoins du peuple.

« Ces manifestations vont se poursuivre », estime Adnan Tabatabai, directeur du centre de réflexion allemand CARPO.

« Le pouvoir sait qu’elles sont légitimes mais le risque est qu’elles soient perturbées par des groupes venant de l’intérieur et de l’extérieur du pays, et qu’elles deviennent violentes », a-t-il ajouté.

Afin d’échapper à la crise, le peuple iranien se voit contraint de mettre des dollars de côté et à faire des provisions. Les Iraniens se retrouvent pris au piège entre les manœuvres gouvernementales et la volonté des Etats-Unis de mettre à genoux celui-ci en fragilisant un peu plus l’économie.

« Personne ne sait quelle forme prendront ces sanctions. L’administration Trump le fait exprès pour que tout le monde continue à se sentir menacé », déclare un homme d’affaires occidental à Téhéran.

Une chose est sûre, les multi-nationales françaises qui étaient venus s’implanter en Iran il y a trois ans, sont sur le départ.

Les entreprises plus petites, elles, comptent sur la protection des gouvernements européens, qui s’impliquent dans le maintien de l’accord sur le nucléaire iranien.

Des pays comme l’Inde, la Chine et la Turquie affirment être trop dépendants du pétrole iranien pour se plier aux sanctions américaines à venir.

Les raffineurs européens, quant à eux, commencent déjà à se retirer du marché iranien.

Ce qui fera baisser le nombre de barils vendus par jour par l’Iran de 2,4 millions à 700 000 selon des analystes, d’ici la fin de l’année.

En avril dernier, le gouvernement a tenté de stopper la chute de sa monnaie en établissant un taux de change fixe et en arrêtant nombre de cambistes sévissant sur le marché noir.

Trop tard selon certains : « Le gouvernement n'a pas réussi à tirer profit de la situation lorsque les conditions le permettaient", affirme ainsi Mohamed Reza Behzadian, ancien responsable de la Chambre de commerce de Téhéran. "Il lui sera encore plus difficile d'agir en temps de crise", prévient-t-il.

Daniel Jacomella

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