L'Autriche demande à l'Iran de lever l'immunité d'un diplomate iranien suspecté d'être impliqué dans un projet terroriste

03 juillet 2018

L’Autriche a demandé à Téhéran de lever l’immunité du diplomate en poste à l’ambassade d’Iran à Vienne suspecté d’être impliqué dans un projet d’attentat déjoué contre un rassemblement d’opposition iranien, samedi près de Paris.

 

 Amir S., 38 ans, et son épouse Nasimeh N., 33 ans, ont été interceptés, dans une commune bruxelloise. Le couple était à bord de sa voiture lorsque les policiers ont arrêté le véhicule et découvert "environ 500 grammes de TATP". Il s’agit d’un explosif puissant, qui a notamment été utilisé dans les attentats commis à Paris le 13 novembre 2015 et à Bruxelles en mars 2016.

Bien que le couple ait été arrêté en Belgique, ils comptaient opérer en France, à Villepinte près de Paris : Leur cible était une conférence organisée par les Moudjahidine du Peuple Iranien. Il s’agit d’un parti d'opposition iranien fondé en 1965 et interdit par les autorités iraniennes depuis 1981.

25 000 personnes ont assisté à cette conférence, on peut imaginer les dégâts colossaux qu’aurait provoqué ce couple, s’il n’avait pas été arrêté à temps.

Le parquet anti-terroriste a annoncé que les différents complices du couple ont été écroués, dont un diplomate iranien interpellé en Allemagne et une autre de leurs relations arrêtée en France.

Ce matin, le porte-parole du ministère autrichien a déclaré qu’il avait demandé à l’Iran « de lever l’immunité du diplomate iranien ». Vienne a remis sa demande à l’ambassadeur d’Iran en Autriche, qui a été convoqué hier, au ministère.

L’arrêt du diplomate iranien a soulevé la colère du Conseil national de la résistance iranienne, qui a accusé le régime de Téhéran d’avoir contribué à l’élaboration de l’attentat déjoué en France.

Fortement agacé, Téhéran affirme qu’il s’agit d’un coup monté contre le président iranien Hassan Rohani qui est actuellement en déplacement en Europe pour discuter du retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015. Après une étape en Suisse, Hassan Rohani est attendu, ce soir, à Vienne.

 

Chloé Mercier

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