L’appel au secours des chefs d’entreprises israéliens


08 juillet 2020

 Un zoom a été organisé entre les chefs d’entreprises et Benyamin Netanyahou. «Nous nous effondrons», préviennent-ils.                                                                                                                                                        Benjamin Netanyahu a été interpellé avec vigueur, mardi, par des chefs d’entreprise, furieux de ce qu’ils ont qualifié de manque de soutien financier de la part du gouvernement alors que leurs firmes luttent pour leur survie dans un cadre de nouvelles restrictions mises en place pour contenir le coronavirus.

Lors d’une réunion qui a été organisée via Zoom, (une première), à l’initiative du chef du gouvernement, celui-ci a fait face aux propriétaires de restaurants, de bars, de salles de spectacles et autres clubs de gym pour évoquer les restrictions appliquées à leur activité et les retards accumulés dans le transfert des aides qui leur avaient été promises.
L’un des chefs d’entreprise présent a supplié le premier ministre :
 "On ne survivra pas ! Aucune entreprise ne survivra, monsieur ! Ce qu’on vous demande, c’est que vous nous disiez, comme vous l’aviez fait au début de la campagne, que nous pourrons avoir l’argent en poche d’ici quarante-huit heures"
Une participante a averti qu’elle allait baisser le rideau si l’assistance financière ne lui était pas remise dans les jours qui viennent.

Après avoir écouté, M. Netanyahu a attribué la responsabilité du retard du transfert de l’aide gouvernementale au chef de l’Autorité fiscale, Eran Yaacov, qui prenait également part à la réunion. « Eran, écoutez-moi une seconde. Ces gens ne sont pas en train de mentir, d’accord ? », a dit le premier ministre. «Quand ils disent qu’ils ne reçoivent pas d’argent, c’est qu’ils n’en reçoivent pas ». Il a ajouté : « Nous devons leur apporter la sécurité sur leur revenu, sur leur gagne-pain, sur l’aide que nous leur apportons… Et il s’avère que nous ne leur transférons pas d’argent ».
Netanyahu a été interrompu par l’un de ses interlocuteurs. « Ecoutez, personne ne nous écoute… On n’a pas eu l’argent. C’est assez, écoutez-nous pour une fois », s’est exclamé un chef d’entreprise.

Cette visioconférence a eu lieu alors que Benyamin Netanyahou doit faire face à des critiques croissantes sur la gestion gouvernementale, des conséquences économiques de la pandémie avec des sondages qui révèlent une insatisfaction de plus en plus forte face à sa prise en charge de l’économie.
Au vu des nouvelles restrictions qui ont été mises en place pour combattre l’augmentation des nouvelles infections au coronavirus. Le chômage est à son paroxysme, le nombre de demandeurs d’emplois a dépassé les 25 %, avec plus d’un million d’Israéliens ayant perdu leur travail au beau milieu de la crise. Ils sont encore 800 000, aujourd’hui, un chiffre qui devrait encore grimper.

Dans de nombreux secteurs de l’économie, la colère est considérable, ils dénoncent une insuffisance du soutien gouvernemental pour les aider à traverser cette période difficile. Ceci s’ajoute à l’indignation suscitée par le détournement présumé des aides financières et par les complexités bureaucratiques de l’obtention des aides. Mardi matin, Netanyahu a rencontré le gouverneur de la Banque d’Israël, Amir Yaron, l’ancien gouverneur Stanley Fisher et d’autres économistes pour des consultations. Le ministre des Finances n’était pas présent lors de ces entretiens. Israel Katz, a expliqué mardi qu’il préparait une enveloppe d’aides pour les employés et les entreprises frappés par les restrictions remises en place sur les activités économiques.

Dans le cadre des mesures qui ont été approuvées par le gouvernement pour stopper la hausse des contaminations au coronavirus, le ministère des Finances a été sommé de mettre en place une enveloppe d’indemnisation pour les personnes touchées par les dernières limitations en quarante-huit heures.
Parmi les nouvelles directives de restrictions, la fermeture de nombreux lieux de divertissement et la limitation du nombre de clients dans les restaurants. Au vu des dernières mesures appliquées, M. Katz a indiqué travailler sur « une enveloppe globale d’aide pour les salariés, les auto-entrepreneurs et les propriétaires d’entreprise », un projet qui devait être présenté à Netanyahu mardi en fin de journée.

Israël Katz a expliqué que le plan était « basé sur le principe de la garantie mutuelle » et qu’il offrirait de meilleures allocations pour les chômeurs ainsi qu’une « allocation mensuelle de vie permanente » pour les auto-entrepreneurs. « De plus, des aides vont être apportées aux entreprises elles-mêmes en fonction de leur taille et de l’étendue des dommages qu’elles ont subie », a-t-il écrit sur Facebook. Israel Katz, membre du parti du Likud de Netanyahu devenu ministre des Finances au mois de mai, a ajouté que le plan intégrerait « les leçons tirées des précédents plans, qui avaient été décidés avant mon arrivée, a-t-il dit, pour garantir la mise en œuvre rapide des décisions».

Levia Ruimy

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