Haïfa : Pas de risque d'explosion comme à Beyrouth


06 août 2020

L’inquiétude s’était emparée du gouvernement israélien à la suite de l’explosion au Liban. Le port d’Haïfa était au cœur de toutes les angoisses. La ville portuaire et très industrialisée pouvait présenter un danger similaire à celui de Beyrouth d’après une des membres du Likoud. Des propos nuancés par un Prix Nobel de Chimie. Selon lui, le risque majeur, en cas d’incident dans la zone, reste celui d’une pollution massive. 

 

 

« Nous ne nous attendons pas à ce qu’il y ait des explosions à Haïfa » a déclaré le professeur Dan Shechtman. Selon lui les produits stockés et utilisés dans la zone industrielle israélienne n’ont rien à voir avec ceux qui ont provoqué l’explosion au Liban. « À Beyrouth, il y avait une zone de stockage contenant des matériaux qui ont explosé avec 10 % de la force de Hiroshima », a ajouté le spécialiste. « Imaginons qu’il y ait un accident ou une guerre à Haïfa. Il y aura des incendies – et des incendies peuvent être à l’origine d’une grave pollution – mais pas des explosions, parce que le plus dangereux, ici, au niveau de l’usage civil, c’est le gaz liquide »  explique-t-il. Il ajoute que « si ces structures sont touchées, elles seront détruites par les flammes et elles entraîneront un incendie important – mais, pas une explosion. »

 

Pour le scientifique, le réel danger réside dans la pollution de l’air. L’homme a d’ailleurs pu l’observer de ses propres yeux lors d’un vol en hélicoptère au dessus de la ville : « J’ai vu cette couche, appelée couche d’inversion, en regardant sur les côtés. Elle faisait des kilomètres de long. C’était une couche épaisse et jaunâtre qui planait au-dessus de Haïfa, qui était incroyablement sale. C’est une très mauvaise chose. »

 

Un constat alarmiste qui fait écho à un rapport publié en 2014  et qui étudiait la question de la pollution de la ville industrielle. Déjà à l’époque, les taux de cancer à Haïfa étaient 15% plus élevés que la moyenne nationale. La prévalance de l’asthme chez les enfants y était également 2 fois plus élevé qu’ailleurs dans le pays.

Héloïse Versmessen

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