Forcé de démissionner après avoir critiqué le mouvement Black Live Matter, la liberté d'expression mise à mal.


01 juillet 2020

Kaylynn Williford a été forcée de démissionner après avoir partagé, jeudi dernier, une publication Facebook qui semble rapprocher le mouvement antiraciste et l’idéologie nazie.

À la suite de cet événement, le porte parole du procureur du district Harris, Dane Schiller, a déclaré que la publication était inappropriée. « Nous avons pris des mesures », a-t-il ajouté.

La publication montre une photo où on peut voir des anneaux retirés aux victimes de la shoa. « Chaque anneau représente une famille détruite » mentionne le commentaire. La légende continue en expliquant que «Les nazis ont détruit des statues. Interdit la liberté d’expression. Ils ont rejeté la responsabilité des difficultés économiques sur un groupe de personnes. Institué un contrôle des armes à feu. Ça vous rappelle quelque chose ? ». Pour Williford l’article a été « compris de manière complètement différente ». « Je l’ai interprétée comme un article promouvant la tolérance » se défend-elle.

Ce n’est pas la première fois qu’une personne est victime de sanction professionnelle pour avoir contrarié le mouvement BLM. En Juin, un professeur de UCLA avait été mis à pied pour avoir refusé de remonter les notes des étudiants noirs. L’enseignant avait justifié son choix en citant Martin Luter King « les gens ne doivent pas être jugés selon leur couleur de peau». L’argument avait déplu à ses étudiants qui avaient lancé des appels pour qu’il soit évincer. Une démarche qui a débouché sur sa suspension.

Au pays où la liberté d’expression est reine, le phénomène commence à être préoccupant. Aux Etat-Unis, la liberté d’expression est protégée par le première amendement de la constitution qui interdit au Congrès d’adopter des lois qui visent à la limiter. À titre de comparaison la déclaration des droits de l’homme et du citoyen protège la liberté d’expression dans les limites déterminées par la loi. La doctrine américaine considère qu’interdire un discours de haine n’est pas un moyen efficace de lutter contre celui-ci. Un discours haineux aussi nauséabond soit-il ne peut être interdit au États-Unis à moins qu’il soit objectivement diffamatoire.

Le problème est que les sanctions infligés au procureur et au professeur ont été prise en raison de leur opinion. Donc en violation de leur liberté d’expression. C’est une censure populaire qu’on leur à opposés. Ils n’ont pas été puni pour avoir violé la loi. La question que soulève ces affaires est de savoir si l’émotion doit-elle prendre le pas sur le droit ?

Jérémy Chicheportiche 

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