Démission de François de Rugy : Emmanuel Macron "respecte" la "décision personnelle" de l'ancien ministre


16 juillet 2019

François de Rugy, ministre de la Transition écologie et solidaire a présenté sa démission du gouvernement il y a quelques heures. Accusé de dépenses excessives lorsqu'il était président de l'Assemblée nationale, le ministre excluait il y a encore quelques jours de quitter son poste.

« La mobilisation nécessaire pour me défendre fait que je ne suis pas en mesure d’assumer sereinement et efficacement la mission que m’ont confiée le président de la République et le Premier ministre , écrit-il sur son compte Facebook. Dès lors, j’ai présenté ma démission au Premier ministre ce matin." Sa démission a été acceptée, a annoncé la porte-parole du gouvernement. "Il s'agit d'une décision personnelle, qu'Emmanuel Macron respecte pour qu'il puisse se défendre pleinement et librement", a expliqué l'Elysée .

 

Dans son message, l'ancien ministre annonce au passage avoir déposé plainte en diffamation "face aux contre-vérités de Mediapart". Son avocat, Pierre-Olivier Sur, a confirmé le dépôt de cette plainte à la mi-journée. De son côté, Mediapart assure n'avoir "fait que son travail et continuera de le faire". "La démission de Monsieur Rugy, qui n'appartient qu'à lui et au gouvernement, montre une chose: l'information a été plus forte que la communication", a réagi le journaliste Fabrice Arfi auprès de l'AFP.

 

 

A la suite des révélations de Mediapart, l’ex ministre de la Transition écologique a dit ne vouloir laisser "aucun doute" et s'était engagé "à rembourser chaque euro contesté", notamment concernant les dîners fastueux donnés à l'hôtel de Lassay lorsqu'il était président de l'Assemblée nationale. Il s'était également dit prêt à soumettre les frais à des "autorités de contrôle" de l'Assemblée nationale. Parallèlement, le Premier ministre avait demandé au secrétariat général du gouvernement de diligenter une "inspection" afin de vérifier que les travaux réalisés dans l'appartement de fonction du ministre soit conforme au "respect des règles".

 

De Belgrade, où il était en visite, Emmanuel Macron avait dit avoir "demandé au Premier ministre d'apporter toute la clarté" sur cette affaire afin de prendre des décisions sur la base "de faits", estimant que "sinon, ça devient la République de la délation".

Hier, le délégué général de La République en Marche , Stanislas Guerini, avait, en écho, pris sa défense en mettant en garde contre le tribunal médiatique qui cloue au pilori un responsable politique sur une photo, un article plein de suspicion".

 Sasha Placek

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