Créteil : ouverture du procès d'une agression antisémite


26 juin 2018

« J’espère qu’ils assumeront ce qu’ils ont fait et qu’ils oseront nous regarder en face », ce sont les mots adressés aux accusés de la part de Jonathan. Le jeune homme et sa petite amie, de confession juive, ont été violemment agressé dans un appartement à Créteil en 2014. Le procès a commencé ce matin, aux assises du Val-de-Marne.

 

 

Le calvaire de Jonathan et Laurine remonte au 14 décembre 2014. Alors âgés de 19 et 21 ans au moment des faits, ce jeune couple de confession juive a vu sa vie basculer en une heure.

Il est à peu près midi lorsque trois hommes cagoulés et armés sonnent à la porte de l’appartement des parents du jeune homme, dans le centre de Créteil. Laurine la petite amie de Jonathan ouvre la porte, les cambrioleurs rentrent immédiatement et demandent où est caché l’argent.

Jonathan répond que ses parents n’ont pas de liquidité chez eux, l’un des agresseurs enfonce le canon de son pistolet dans la bouche du jeune homme, pour le forcer à parler.

Lorsqu’il insiste sur le fait qu’il n’y a pas d’argent liquide dans cet appartement, les agresseurs rétorquent que « Les juifs, ça ne met pas l'argent à la banque »

Ils décident alors de ligoter Jonathan puis emmènent Laurine dans une chambre. L’un des agresseurs lui fait subir un viol digital tout en poursuivant son interrogatoire. L’un des complices « plaisante » auprès de Jonathan sur le sort réservé à sa petite amie. « Mon pote, il a grave faim » dit-il.

Après ce long calvaire les agresseurs finissent par quitter l’appartement avec un butin s’élevant à 480 euros, quelques bijoux et du matériel téléphonique.

Au cours de l’agression, l’un des accusés a indiqué à Jonathan qu’il savait que son père avait l’habitude de se rendre à la synagogue « avec un truc sur la tête » désignant une kippa. Une mezouzah était également accrochée devant la porte de l’appartement.

Des preuves qui tendent à confirmer le caractère antisémite de cette agression, c’est en tout cas ce que va tenter de prouver les avocats de la défense, s’aidant aussi de l’enquête de police.

Une enquête qui a également permis de démontrer que le cambriolage avait été préparé depuis plusieurs semaines et que l’appartement n’avait pas été choisi au hasard. Le 10 novembre, soit trois semaines avant les faits, l’un des accusés a sonné chez la famille, afin de demander du sucre. En garde à vue, il a reconnu que l’objectif était de vérifier qu’il s’agissait bien de leur appartement.

Deux des trois agresseurs sont jugés, le dernier est toujours en fuite.

Les accusés ont toujours nié s’en être pris à la famille en raison de leur religion. Quant aux propos antisémites, ils les attribuent à leur complice en fuite. La juge d’instruction avait d’abord abandonné le caractère antisémite avant de le rétablir suite à l’appel du parquet.

Le procès est prévu pour se tenir jusqu’au 6 juillet.

 

Chloé Mercier

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