Covid-19 : le vaccin de Moderna, dernière phase de son essai clinique dès le 27 juillet


15 juillet 2020

La biotech américaine Moderna a annoncé hier, qu'elle allait entrer dans la phase finale de ses essais cliniques. Une annonce qui place l’entreprise en tête de la course mondiale pour un vaccin contre la maladie. Cette nouvelle étape du développement permettra de tester l'efficacité du produit dans des conditions réelles. Déterminante, elle fera appel à 30 000 personnes aux Etats-Unis. La moitié d'entre elles recevront une dose de 100 microgrammes de vaccin tandis qu’on injectera aux autres un placebo. Les chercheurs les suivront ensuite pendant deux ans pour déterminer si elles sont protégées contre une éventuelle infection au nouveau coronavirus. Même si des symptômes sont constatés, le vaccin peut tout de même être considéré comme un succès s'il empêche les cas graves.

Attention toutefois : certains scientifiques nous mettent en garde. Les premiers vaccins à arriver sur le marché ne seront pas nécessairement les plus efficaces ni les plus sûrs.

Dans un journal anglais, le New England Journal of Medicine,  des résultats de la première phase de l'essai de Moderna, ont été publiés. Le vaccin expérimental a permis de déclencher la production d'anticorps contre le Sars-CoV-2 chez les 45 participants. Ils avaient été divisés en trois groupes de 15, auxquels différentes doses ont été administrées. Ils ont reçu une deuxième dose, dans les mêmes quantités, 28 jours plus tard.

Quelques temps après la première injection, les niveaux d'anticorps étaient plus élevés avec les doses plus fortes. Au moment de la seconde injection, les participants avaient de plus hauts niveaux d'anticorps que la plupart des patients ayant eu le Covid-19 et ayant généré leurs propres anticorps. Quelques effets secondaires légers ou modérés ont tout de même été ressentis par plus de la moitié des participants. Fatigue, frissons, maux de tête et douleur là où le vaccin a été injecté, considérés comme « normal » par les chercheurs.

Pour l’un des spécialistes des maladies infectieuses à l'université Johns-Hopkins, les résultants sont encourageants. Mais "il faut vraiment limiter les extrapolations à partir d'un essai clinique de phase 1, parce qu'on veut voir comment cela fonctionne quand une personne est exposée au vrai virus", a-t-il ajouté. Ce sera l’objectif de la phase 3.

L'étude doit durer jusqu'à la fin du mois d'octobre 2022, mais des résultats préliminaires devraient être communiqués bien avant cette date.

Héloïse Versmessen

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