Affaire Mireille Knoll: Un des accusés modifie ses déclarations, retirant les faits antisémites

22 mai 2018

Du nouveau dans l'enquête sur l meurtre de Mireille Knoll. L'un des deux accusés à retirer certaines de ses déclarations. Seulement c'est sur ces dernières que s'était appuyée la justice pour retenir le caractère antisémite de l'homicide. Il maintient cependant que son complice a déclaré « Allah Akbar » en égorgeant la femme octogénaire.

 

Depuis le début de l'enquête, les deux suspects, Alex C. et Yacine M. ne font que de se rejeter la faute entre eux. Placés en détention provisoire, ils sont entendus en ce moment par les inspecteurs de police.

Lors d'une audition réalisée par la juge d'instruction le 13 avril dernier, Alex aurait fait des déclarations remettant en cause le mobile antisémite. Ce dernier avait alors été retenu contre Yacine, il a lui été entendu cet après-midi par les enquêteurs. En garde à vue, Alex avait déclaré que Yacine avait reproché à Mireille Knoll «les moyens financiers et la bonne situation des Juifs». Aujourd'hui le discours du jeune a quelque peu changé. Il soutient que Mireille Knoll et son agresseur auraient « juste parlé de la Seconde Guerre mondiale avec l'extermination des Juifs et la libération d'Algérie», a-t-il déclaré. Il a ensuite conclu qu'il ne pensait pas que Yacine n'ait tué l'octogénaire en raison de sa religion, ce qui modifie la teneur de l'accusation. Pour l'avocat du prévenu la justice est allée trop vite en retenant la qualification antisémite.

En mars, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb avait estimé que Yacine M. n'était «pas du tout» radicalisé. Mais d'après les déclarations d'Alex, qu'il maintient, il aurait proncé les mots « Allah Akbar » alors qu'il égorgeait sa victime. D'après l'avocat du jeune homme cela ne suffirait pas pour présumer d'un caractère antisémite. Ce point de vue n'est pas partagé par Maitre Gilles-William Golnadel, conseil de la famille Knoll dans cette affaire.

« Cet “Allah Akbar”, il fonde la haine religieuse», insiste-t-il. «Ce qui s'est passé le 23 mars est de l'antisémitisme bas de gamme, cette croyance qu'une personne juive, même sans être très fortunée, aura toujours un peu d'argent liquide caché chez elle. Le motif économique est essentiel.», a-t-il martelé.

 

Louis Chassagne

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